MARCEL ET MONSIEUR PAGNOL
- Marvin Ancian

- 16 oct. 2025
- 2 min de lecture

Réalisateur. Sylvain Chomet
Année de sortie. 2025
Genre. Biopic
Origine. France, Belgique, Luxembourg
Durée. 90 minutes
Ma note. 10/20
Synopsis : A l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours... En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain. Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l'expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire. (source : AlloCiné)
Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville, L’Illusionniste) se plonge de manière exhaustive dans la vie et l’œuvre de Marcel Pagnol. Trop exhaustive !
En 1956, le magazine Elle demande à Marcel Pagnol, alors installé à Paris, d’écrire un feuilleton autobiographique. Bloqué par le syndrome de la page blanche, il est « sauvé » par le petit Marcel, l’enfant qu’il fut, qui le projette dans ses souvenirs. En une heure trente, le film déroule ainsi toute l’existence de l’auteur de Topaze, de sa jeunesse provençale à sa mort. Drames familiaux, créations littéraires et bouleversements historiques : rien n’est laissé de côté.
Il y a trois signes avant-coureurs qui trahissent souvent l’échec d’un biopic : la recherche obsessionnelle de ressemblance entre les acteurs et leurs modèles, l’ingérence de l’entourage de la personnalité représentée et, enfin, l’ambition de raconter toute une vie. Dans le cas de Marcel et Monsieur Pagnol, l’animation évite le premier écueil. La présence au générique de Nicolas Pagnol, petit-fils de l’écrivain, est moins rassurante. Mais c’est surtout vis-à-vis du troisième point que le bât blesse. En voulant embrasser l’intégralité du parcours de Pagnol, Chomet survole les étapes et signe une œuvre lisse, sans aspérités.
Des planches du théâtre aux artifices du cinéma. © Praesens
Ça va trop vite
Pour preuve, les deuils qui ont marqué la vie de l’artiste sont énoncés à la chaîne, sans qu’une véritable émotion ait le temps d’affleurer. Là où Pagnol cherchait à inventer le mouvement perpétuel, le film semble créer « l’événement perpétuel ». Les péripéties s’enchaînent : la mutation de l’auteur à Paris, la construction de ses studios marseillais, la guerre qui vient bouleverser son histoire personnelle comme celle du cinéma, le récit étouffe. Comble de l’ironie, le long-métrage revendique l’authenticité de « l’accent vrai de Marseille », tout en confiant la voix de Pagnol à Laurent Lafitte, qui imite tant bien que mal les intonations provençales. « Parler ne suffit plus, il faut avoir quelque chose à dire » est entendu dans le film. En réalisant son premier film parlant, Chomet veut trop en dire, trop en faire, et transforme ce Marcel et Monsieur Pagnol davantage en une page Wikipédia animée qu’en un biopic inspiré.

© Praesens
Article paru le 16 octobre 2025 dans le n°945 de Ciné-Feuilles.







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