LAS NOVIAS DEL SUR
- Marvin Ancian

- 15 janv.
- 2 min de lecture

Réalisatrice. Elena López Riera
Année de sortie. 2024
Genre. Documentaire
Origine. Espagn, Franc, Suisse
Durée. 40 minutes
Ma note. 10/20
Synopsis : Des femmes d’un âge déjà mûr parlent de leur mariage, de leur première fois, de leur rapport intime à la sexualité. Dans la répétition de ces rites ancestraux, la réalisatrice se questionne sur sa propre absence de mariage, d’enfants, et avec elle, une chaîne de relation mère-fille qui s’éteint.
(source : AlloCiné)
En 2022, Elena López Riera signait son premier long-métrage, El Agua, une fiction aux accents documentaires portée par de solides interprètes, mais fragilisée par la multitude de thématiques qu’elle cherchait à embrasser. Avec Las novias del sur (Les Fiancées du sud), la cinéaste espagnole revient à une forme courte dont le point de départ est une photographie de mariage de sa propre mère. Une image fondatrice qui cristallise pour le récit traditionnel et la mise en scène entourant ce rituel social.
Pour nourrir sa réflexion, la réalisatrice recueille les témoignages de femmes âgées de 60 à 104 ans. Face caméra, elles livrent, avec plus ou moins de pudeur, des fragments de leur vie intime et de leur(s) histoire(s) amoureuse(s). Pourtant, le métrage choisit de ne rien dévoiler de leur identité au-delà de ces confidences, laissant ces voix sans véritable ancrage. Rapidement, les récits se concentrent sur « la première fois » et la sexualité, au détriment d’une dimension sociale sous-jacente : celle de la répétition d’un même schéma imposé par le carcan culturel et moral dans lequel ces femmes ont évolué.
Dès lors, il faut presque davantage lire ce qu’Elena López Riera dit de son film que de regarder celui-ci pour en percevoir la puissance potentielle. « La fascination pour l’archive vient du fait que c’est une image très emblématique, la mariée vêtue de blanc, qui occupe une place très importante dans la culture dans laquelle j’ai grandi (une culture profondément marquée par le catholicisme, par le machisme et par l’appropriation culturelle et sociale du corps des femmes). »
Le lien entre les récits, souvent façonnés par des normes contraignantes, et les propres choix de liberté de la cinéaste apparaît tardivement et de manière trop superficielle pour structurer un discours pleinement abouti. En attestent certains moments qui demeurent opaques : une femme en larmes surgit au détour d’une séquence, sans que l’origine de son émotion soit explicitée. Cette impression est renforcée par une narration éclatée, qui navigue sans réel fil conducteur entre images d’archives, voix off, intertitres interrogatifs et témoignages. Alors l’ensemble peine à trouver du liant, offrant une œuvre qui ne parvient jamais tout à fait à transformer ses fragments en un propos pleinement incarné.

© Sister Distribution
Article paru le 15 janvier 2026 dans le n°948 de Ciné-Feuilles.



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