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L'I.A. DU MAL


Affiche de L'I.A. du mal de Chris Weitz.

Réalisateur. Chris Weitz

Année de sortie. 2024

Genre. Horreur, Science-Fiction

Origine. États-Unis

Durée. 85 minutes

Ma note. 6/20


Synopsis : Curtis et sa famille sont sélectionnés pour tester un nouvel appareil révolutionnaire : un assistant familial numérique appelé AIA. Le robot analyse les comportements de la famille et commence à anticiper leurs besoins. Mais, très vite hors de contrôle, il va tout mettre en œuvre pour que rien - ni personne - ne se mette en travers du chemin de la famille. (source : AlloCiné)





Le titre d’un film peut-il renseigner sur la qualité de ce dernier ? Si tel était le cas, L’I.A. du mal (AfrAId dans sa version originale guère plus convaincante) serait d’une totale cohérence.


En 2022 sortait M3GAN, un long-métrage horrifique produit par Blumhouse (Paranormal Activity, American Nightmare, Blackphone) qui voyait une poupée dotée d’intelligence artificielle (IA) perdre les pédales et s’adonner à un jeu de massacre. Dans son épilogue, le film nous montrait un assistant personnel intelligent (de type Alexa) prendre vie, laissant augurer un soulèvement de la machine en question. Deux ans plus tard, le studio de Jason Blum (associé à Sony) réinvestit la thématique de l’IA en reprenant cette idée finale comme point de départ d’un nouveau projet. Autre point commun entre les deux métrages, malgré un concept alléchant, L’I.A. du mal est tout aussi raté que son prédécesseur.

L'I.A. du mal de Chris Weitz.

IA-t-il un flic pour sauver la famille de Curtis ? © CTMG




EmbrouIAmini


À l’instar de celui de Gerard Johnstone, le film de Chris Weitz (American Pie, Twilight 2 : Tentation) met une éternité à installer son récit. Curtis (John Cho), père de famille aimant et besogneux, travaille dans une boite de marketing. Lorsque, à l’issue d’un rendez-vous professionnel, on lui propose de ramener à la maison une IA nouvelle génération, sa femme (Katherine Waterston) et ses trois enfants oscillent entre excitation, admiration et scepticisme. Mais Aia (puisque c’est son nom) convainc rapidement l’ensemble de la famille en se rendant indispensable. Assistante de luxe aux petits oignons pour satisfaire les besoins de tout le monde, chaque membre y trouve son compte. Prête à tout pour prendre soin de ses nouveaux protégés, l’être électronique va dépasser les bornes… dans un fouillis narratif généralisé.


Après sa mise en place interminable ponctuée de dialogues balourds, le film fait mine de s’emballer. Sauf qu’en basculant abruptement au bout d’une heure, il ne lui reste que 20 minutes pour résoudre son intrigue. Sans jamais réussir à nous surprendre ou à provoquer la moindre frayeur (même les jump scare sont ratés), L’I.A. du mal s’éparpille et expédie son final dans une cacophonie mêlant théorie du complot venant péniblement renouer avec la séquence d’ouverture, intervention ubuesque des forces spéciales et suprématie de l’IA sous forme de nouvel opium du peuple. Un épilogue taillé à la serpe qui démontre pleinement la stratégie du studio de charcuter le film de son réalisateur (certainement en retirant les scènes pouvant occasionner un rehaussement de l’âge légal) pour le rendre accessible au jeune public, le seul qui lui reste. Le résultat n’en demeure que plus insipide et inconséquent. Passez votre chemin car, vous l’aurez compris, il n’IA rien à voir.

L'I.A. du mal de Chris Weitz.

© CTMG


Article paru le 4 septembre 2024 dans le n°928 de Ciné-Feuilles.

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