KNEECAP
- Marvin Ancian

- 10 juil. 2025
- 2 min de lecture

Réalisateur. Rich Peppiatt
Année de sortie. 2024
Genre. Biopic, Comédie, Drame
Origine. Irlande, Grande-Bretagne
Durée. 102 minutes
Ma note. 14/20
Synopsis : Kneecap, groupe de rap irlandais et trio de Belfast devient la figure de proue improbable d'un mouvement de défense des droits civiques visant à sauver leur langue maternelle. (source : AlloCiné)
À travers l’histoire, en partie romancée, du groupe de hip-hop éponyme, Kneecap capte la vitalité du genre musical, tout en revendiquant la lutte pour les droits civiques et la préservation de la langue irlandaise. Débordant d’énergie et bougrement grisant.
« Le gaélique est comme le dernier dodo enfermé derrière la vitre d’un zoo : il ne demande qu’à ce qu’on la casse pour vivre. » S’il y a une chose que le premier long-métrage de Rich Peppiatt réussit, c’est briser la glace et faire exister la langue irlandaise (redevenue officielle en 2022, on estime qu’elle est parlée par plus de 12 % de la population nord-irlandaise). Dès les premières minutes, le réalisateur anglais, récemment naturalisé irlandais, donne le ton en parodiant les films traditionnels sur l’histoire de Belfast. La suite est un tourbillon d’humour politique et engagé.

Sex, drugs and hip-hop. © Frenetic
Leur jour viendra
Un peu de contexte, tout d’abord. Fondé en 2017, le groupe Kneecap est connu pour sa revendication identitaire et l’usage du gaélique dans ses textes. Composé de Mo Chara (Liam Óg Ó Hannaidh), Móglaí Bap (Naoise Ó Cairealláin) et DJ Próvaí (J.J. Ó Dochartaigh), il a fait parler de lui par diverses polémiques et notamment ses prises de positions propalestiniennes (le trio est sous le coup d’une enquête pour des soupçons d’incitation à la violence). Si ces événements sont trop récents pour faire partie du récit, ce biopic « majoritairement vrai » s’attache moins à l’histoire de Kneecap qu’à la naissance d’une rage créative.
Jouant leurs propres rôles, Naoise et Liam Óg, deux jeunes de Belfast, vivent de petits trafics. Lorsqu’ils rencontrent J.J., un professeur qui deviendra leur DJ, ils forment un trio explosif. Leur nom, Kneecap, fait référence à une méthode de représailles utilisée par les paramilitaires nord-irlandais : une balle dans les genoux. Mêlant récits intimes et mémoire collective, le long-métrage puise dans l’histoire contemporaine de l’Irlande. Si certains repères historiques ne sont pas toujours évidents à cerner, l’énergie dégagée emporte tout sur son passage.
D’abord un excellent divertissement, Kneecap se révèle aussi un manifeste politique, culturel et linguistique. Récompensé à Sundance, au festival Premiers Plans d’Angers, et sélectionné pour représenter l’Irlande aux Oscars, le film oscille entre le style effervescent d’un Edgar Wright et l’élan contestataire de Leto de Kirill Serebrennikov. Le résultat est électrique et résolument libre.

© Frenetic
Article paru le 10 juillet 2025 dans le n°942 de Ciné-Feuilles.



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