JE VEUX JUSTE EN FINIR
- Marvin Ancian

- 17 janv. 2021
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 janv. 2022

Réalisateur. Charlie Kaufman
Titre original.
I’m Thinking of Ending Things
Année de sortie. 2020
Genre. Thriller, Drame
Origine. États-Unis
Durée. 134 minutes
Ma note. 17/20
Synopsis : Un road trip dans lequel Jake emmène sa petite amie pour lui présenter ses parents, qui vivent dans une ferme reculée. Mais après un détour surprise au cours duquel Jake abandonne son amie, la tension et la fragilité psychologique se mêlent à la terreur pure. (source : AlloCiné)
Si Charlie Kaufman est principalement connu pour ses scénarios (Eternal Sunshine of the Spotless Mind et Dans la Peau de John Malkovich en tête de liste), il lui arrive, depuis la fin des années 2000, de s’adonner à la réalisation. Je veux juste en finir, distribué par Netflix et adaptation du roman Je sens grandir ma peur de Ian Reid, constitue son troisième passage derrière la caméra.
Jake, (Jesse Plemons) emmène sa petite amie (incarnée par Jessie Buckley et dans un premier temps nommée Lucy), à la campagne pour lui présenter ses parents. Le film s’ouvre donc sur une virée en voiture de plusieurs minutes s’étirant inlassablement où les deux protagonistes se prêtent à un échange verbal ultra référencé. Un voyage sur les routes enneigées menant à la ferme familiale autant que dans l’esprit de Lucy. Témoins des pensées de cette dernière, qui n’ont de cesse d’être interrompues par les interventions de son compagnon, nous découvrons son envie d’en finir. Cette réflexion, donnant son titre à l’oeuvre et illustrant, dans un premier temps, le constat d’échec fait par la jeune femme quant à sa relation amoureuse, ne cessera d’évoluer et de changer de sens tout au long du récit.
Premiers flocons, premiers soupçons. © Mary Cybulski/NETFLIX
Repas de famille
Le couple arrivé à destination, la narration prend une toute autre tournure qu’il est préférable de taire au risque de gâcher l’expérience cinématographique. Le repas de famille ne se passe pas exactement comme prévu et Kaufman nous livre un enchainement de scènes plus fascinantes les unes que les autres. L’ambiance y est autant pesante qu'étrange et offre - entre Mother! de Darren Aronofsky et Hérédité d’Ari Aster (Toni Collette, comme dans ce dernier, y joue encore un rôle dantesque) - une séquence centrale captivante qui déconstruit toutes les certitudes que nous pensions avoir établies lors du trajet aller. Le retour n’est pas en reste et donne lieu, entre autre, à la rencontre entre Lucy et ce vieil homme, chargé du ménage dans l’ancien lycée de Jake, dont les scènes, aussi succinctes qu’intrigantes, parsèment le film depuis le début.
Etrange réunion de famille. © Mary Cybulski/NETFLIX
Un final en fanfare
Dans son format 4/3, Je veux juste en finir est une oeuvre sensorielle d’une grande puissance. Si elle peut être dans un premier temps déroutante, elle doit être abordée avec un certain lâcher-prise afin de lui laisser le temps de s’immiscer dans notre esprit et d’y graver son propos. Comme souvent, Charlie Kaufman propose un voyage emprunt de nostalgie dans l’esprit tortueux et torturé de personnages traversés par le temps. Doté d’une ambiance très noire, le film se termine par une véritable apothéose lynchéenne délivrant certaines clés de compréhension en même temps qu’elle égare encore un peu plus son spectateur. L’épilogue se permet notamment un changement de genre radical laissant pantois. Cependant, quelques minutes de repos cérébral aidant, des bribes de réponses aux nombreuses questions en suspend commencent rapidement à germer dans notre esprit et - accompagnées de la lecture de l’oeuvre originale plus explicite sur son dénouement - finissent par délier les mystère de cette oeuvre hypnotique.

© Mary Cybulski/NETFLIX











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