GRANDIR
- Marvin Ancian

- 13 nov. 2024
- 2 min de lecture

Réalisatrice. Séverine Barde
Année de sortie. 2024
Genre. Documentaire
Origine. Suisse
Durée. 112 minutes
Ma note. 13/20
Synopsis : Ils s’appellent Tala, José, Janelle, Yasin ou Eva, et « Grandir » ambitionne de suivre leur évolution ainsi que celle des autres camarades de leur classe. Basé dans l’Ecole De-Chateaubriand au cœur du quartier populaire et multiculturel des Pâquis, le documentaire les accompagne depuis les pleurs des premiers jours d’école jusqu’à l’angoisse des résultats d’examen, tout le long de leur parcours d’apprentissage. (source : Cineman)
La réalisatrice genevoise Séverine Barde a suivi une classe et ses élèves pendant les quatre premières années de leur scolarité. Une proposition passionnante sur le papier qui peine néanmoins à offrir une réelle nouveauté une fois portée à l’écran.
Le premier jour d’école, sans aucun doute un des moments charnières d’une existence. Et point de départ du documentaire qui nous intéresse. Les premiers pas hésitants dans la salle de cours, les doutes, les pleurs… Tala, Yasin, Janelle, Eva, Lena, Alissa ou encore José. Ce sont certains des élèves d’une classe d’un quartier populaire et multiculturel de Genève. Ce sont eux qui grandissent sous l’œil de la caméra quatre ans durant.
Le parti pris de ce deuxième long-métrage de Séverine Barde est simple : sans commentaires et sans jamais quitter les écoliers qui la composent, elle immerge son public dans la classe. Ainsi, le contre champ de la vie hors classe des élèves ou de leur parcours pré-scolaire n’est déduit que de leurs propos. Propos qui se veulent parfois naïfs, parfois plus profonds qu’il n’y parait, mais toujours emplis de cette spontanéité propre aux enfants et qui procure tout son charme au documentaire.

Au tableau ! © JMH Distributions
Peut mieux faire
Alors que les années se suivent et ne se ressemblent pas, le film traverse les incertitudes de la pandémie du Covid, la douleur du départ de certains élèves, le stress des premiers examens. Hélas, de ces perturbations narratives majeures, il ne sort pas grand-chose. Ces situations, certes touchantes, font plus office d’anecdotes que de réel point d’ancrage du récit. On navigue alors à vue, dans le quotidien scolaire des enfants et des professeures, sans déplaisir, mais sans vraiment cerner ce qui nous est raconté.
Si l’on pense, dans le procédé, à Boyhood de Richard Linklater qui suivait pendant douze ans l’évolution d’une famille (et par conséquent voyait ses personnages grandir au même rythme que ses interprètes), c’est surtout au plus récent long-métrage de Claire Simon que Grandir fait écho. Avec son verbe à l’infinitif en guise de titre et l’immersion dans une salle de classe qu’il propose, Apprendre (qui a été présenté cette année au Festival de Cannes) partage de nombreux points communs avec le documentaire de Séverine Barde et créé, pour celles et ceux qui l’ont déjà vu, une redondance dommageable. Une chance pour la réalisatrice suisse, Apprendre ne sortira pas en Suisse avant février 2025.

© JMH Distributions
Article paru le 13 novembre 2024 dans le n°933 de Ciné-Feuilles.



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