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CLOSE TO YOU


Affiche de Close to you de Dominic Savage.

Réalisateur. Dominic Savage

Année de sortie. 2023

Genre. Drame

Origine. Suède, Danemark

Durée. 100 minutes

Ma note. 12/20


Synopsis : Sam n'est pas retourné chez lui depuis sa transition. Après quatre ans passés à Toronto, il entreprend le voyage tant redouté de retour à Cobourg pour l'anniversaire de son père. Dans le train, il rencontre Katherine, une amie du lycée qui mène désormais sa propre vie compliquée. Des sentiments issus de leur passé non résolu refont surface. Sam s'inquiète de revoir sa famille après une si longue période, non pas par peur qu'elle le rejette, mais à cause des commentaires et des questions non sollicitées qu'il recevra sur sa transition. L'ignorance et le malaise de sa famille pèsent sur ses épaules. (source : Cineman)



Le dernier film de Dominic Savage explore les thèmes de l’identité et des liens familiaux à travers le parcours de Sam, un homme transgenre incarné par Elliot Page. Une œuvre douce et intimiste qui oscille entre moments de tension et retrouvailles empreintes de nostalgie, mais qui pèche par son aspect trop programmatique et une distance dommageable.


Dominic Savage (I am…, Une femme heureuse) a pour habitude d’écrire ses longs-métrages pour un acteur ou une actrice spécifique afin de permettre, comme le mentionne le cinéaste, « des collaborations particulières qui donnent lieu à des histoires enracinées dans la vérité absolue ». Fidèle à cette démarche, Close To You est le fruit de sa rencontre avec Elliot Page. Une vision commune évidente pour réaliser un film « sur l’amour, la famille et l’identité. »


L’acteur incarne Sam, un homme transgenre vivant à Toronto qui n’est pas rentré voir sa famille depuis sa transition quatre ans plus tôt. Pour l’anniversaire de son père, Sam décide, comme une sorte de défi personnel, de retourner dans sa ville d’origine de l’Ontario. Dans le train, il croise Katherine (Hillary Baack), une ancienne camarade de classe avec qui, nous le comprenons rapidement, il a connu des instants privilégiés lors de ses années d’études.

De l’intérieur étouffant… au plein air revigorant. © Frenetic




Retour à la maison


Dès lors, le récit brise sa chronologie pour alterner entre les moments en famille plus ou moins houleux et ceux avec Katherine. Au quasi-huis clos étouffant qui se déroule dans la maison viennent s’opposer les scènes extérieures où il rejoint sa vieille amie et, par la même occasion, une bouffée d’air frais. D’un côté, des retrouvailles parfois forcées, notamment avec un beau-frère  qui fait office de personnage fonction afin d’alimenter les conversations et, ainsi, les thématiques abordées. De l’autre, la tendresse d’un passé qui ressurgit tel un acte manqué qu’il serait trop tard pour rattraper.


Si le film embrasse de nombreux codes de son genre — une caméra à l’épaule offrant des plans (très) rapprochés à l’infime profondeur de champ —, il parvient à se démarquer par la douceur avec laquelle il traite son propos. S’il évite la caricature grossière, Close To You enchaine les scènes de discussion avec chaque membre de la famille, chaque dialogue amenant son lot de révélations. En grande partie improvisées, ces séquences se succèdent de façon bien trop programmatique pour réellement nous captiver. De la même façon, fonctionnant comme une bulle temporelle dans laquelle nous sommes projetés sans explication, le récit ne détaille jamais le parcours de Sam et peine à complètement nous embarquer tant il est difficile de s’identifier à un personnage dont on ne sait rien. Sans être désagréable, l’ensemble semble alors passer à côté de son sujet par manque de profondeur.



Article paru le 30 octobre 2024 dans le n°932 de Ciné-Feuilles.

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