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BLINK TWICE


Affiche de Blink Twice de Zoë Kravitz.

Réalisatrice. Zoë Kravitz

Année de sortie. 2024

Genre. Thriller

Origine. États-Unis

Durée. 102 minutes

Ma note. 11/20


Synopsis : Quand le milliardaire Slater King rencontre Frida, c’est le coup de foudre. Invitée sur son île privée, elle y découvre des soirées décadentes où le champagne coule à flots. Mais des événements étranges commencent à se produire et Frida devra découvrir la vérité si elle veut sortir vivante de cette fête. (source : AlloCiné)








Après avoir été mannequin, chanteuse et actrice, Zoë Kravitz passe derrière la caméra pour réaliser (et scénariser) son premier film. Le résultat ? Un long-métrage convenu malgré un sujet intéressant et une réalisation appliquée.


Frida (Naomie Ackie) et son amie Jess (Alia Shawkat) sont deux serveuses loin d’être passionnées par leur profession. Alors que Slater King (Channing Tatum), un magnat de la technologie (et donc forcément plein aux as), organise un banquet caritatif où elles officient, les deux jeunes femmes mettent tout en œuvre pour se faire remarquer. Une franche réussite puisqu’elles se font inviter sur l’île aussi déserte que privée de la star. Au programme : bain de soleil, farniente et drogue en tout genre. À moins que tout ne se passe pas comme prévu…


« L’oubli est un cadeau », tel est le leitmotiv ressassé par Slater. Ironique (ou arrangeant, c’est selon) pour un homme qui — on le découvre en début de film — s’est excusé publiquement pour le comportement déplacé qu’il a pu avoir dans le passé (nous n’en saurons pas plus). Cet aphorisme sera le pilier d’un scénario fortement inspiré par l’affaire Epstein et réécrit après les divers cas #MeToo. Un pilier qui volera en éclat lors d’une prise de conscience des protagonistes, abrogeant ainsi le silence insidieux que ces hommes blancs millionnaires imposent à leurs invitées.

Frida pense avoir découvert le paradis sur terre… … avant que Slater le transforme en enfer.

© Warner Bros. Entertainment




Ange ou démon ?


Sans trop en dire, il n’est cependant pas nécessaire d’avoir potassé les récentes références de Blink Twice (Glass Onion, Saltburn, Get Out, voire Don’t Worry Darling) pour en démêler les ficelles narratives. Sans surprise le film nous mène là où on l’attend. Les premiers jours ont beau se répéter, ils sont idylliques. Mais le séjour de rêve se transforme vite en cauchemar et derrière les sourires de façade se cache l’horreur. Dans sa première partie, le récit égrène les éléments étranges qui ne semblent pourtant perturber personne, jusqu’à la disparition de Jess qui entraine Frida et Sarah (Adria Arjona), une autre convive, à, enfin, se poser des questions sur la situation qu’elles sont en train de vivre. Si les  deux protagonistes comprennent un peu trop aisément le tour qui leur est joué pour qu’on y croit complètement, la bascule dans l’horreur est amorcée.


Malgré ses facilités scénaristiques et son manque d’inventivité, le long-métrage jouit d’une réalisation léchée qui transpire l’envie de cinéma. Hélas, le déroulé des événements qui se dévoile sous nos yeux est trop attendu pour réellement surprendre. Jusqu’à un épilogue sous forme de revenge movie où bourgeoisie et masculinité toxique en prennent pour leur grade qui fait de Blink Twice un film divertissant et jouissif, mais beaucoup trop convenu pour être le coup de poing attendu.

Channing Tatum dans Blink Twice de Zoë Kravitz.

© Warner Bros. Entertainment


Article paru le 4 septembre 2024 dans le n°928 de Ciné-Feuilles.

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