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POSSESSOR

Dernière mise à jour : 7 janv. 2022


Affiche de Possessor de Brandon Cronenberg.

Réalisateur. Brandon Cronenberg

Année de sortie. 2020

Genre. Thriller, Science-fiction

Origine. Canada, Royaume-Uni

Durée. 105 minutes

Ma note. 16/20


Synopsis : Tasya Vos travaille au sein d’une organisation secrète qui utilise une technologie neurologique de pointe à des fins criminelles : habiter le corps d’une personne dans le but de la pousser à tuer aux profits de clients très riches. Tout se complique pour Tasya lorsqu’elle se retrouve dans le corps d’un homme dont l’appétit pour le meurtre et la violence dépasse de très loin le sien… Au point de la déposséder de sa propre identité ?(source : AlloCiné)




Grand Prix du dernier Festival international du film fantastique de Gérardmer et deuxième réalisation de Brandon Cronenberg, Possessor mérite qu’on s’y attarde. Le fils du réalisateur de La Mouche propose un délire esthétique du plus bel effet qui n’aura de cesse d’en mettre plein les yeux au spectateur.


Alors qu’une technologie permet de prendre possession d’autrui, Tasya Vos (Andrea Riseborough) travaille pour une organisation qui utilise ce procédé à des fins criminelles. En habitant le corps des proches de la future victime, elle peut tuer en toute impunité. Le crime parfait? Quasiment. À moins que l’«hôte» ne résiste… Tel est le synopsis de Possessor, auquel le récit se borne. En effet, le but de l’œuvre n’est pas tant de développer un scénario complexe et ramifié que d’offrir une expérience jouant avec nos sens.




Choc esthétique


Possessor est empli d’idées visuelles plus immersives les unes que les autres. Le réalisateur - incontestablement influencé par l’univers de son géniteur - aime expérimenter, et ça se sent. Dans Antiviral, son précédent film, il offrait déjà un concept fort (des fans prêts à s’injecter les virus ayant infecté leurs stars favorites par simple idolâtrie) et une patte graphique impressionnante. Possessor va encore plus loin et livre une multitude d’images aussi percutantes que captivantes (certains plans resteront certainement ancrés dans les esprits longtemps après le générique de fin).

Andrea Riseborough dans Possessor de Brandon Cronenberg.

Possession imminente. © The Jokers




Mon corps, c'est mon corps...


Alors que Vos, pour le bien d’une importante nouvelle mission, «possède» Colin Tate (Christopher Abbott), elle se retrouve bloquée dans ce corps qui n’est pas le sien. Elle tentera dès lors désespérément d’en sortir. L’occasion d’offrir l’une des scènes les plus palpitantes du film: dans une chambre nappée de rouge, Vos vit un délire schizophrénique troublant mais ô combien fascinant. Alors qu’elle tente le tout pour le tout pour quitter le corps de Tate, le montage alterne - au gré de la lumière rouge qui va et vient - entre les deux personnages, montrés successivement dans une position, un décor et un cadrage identiques. Une musique lancinante accompagne cette scène qui finira par lorgner vers le «body horror» et mérite à elle seule de découvrir le long métrage.

Andrea Riseborough dans Possessor de Brandon Cronenberg.

Tasya Vos voit rouge. @ The Jokers



À l’instar de son affiche, le nouveau film de Brandon Cronenberg est esthétiquement renversant. Si le scénario - sans être dénué d’une réflexion sur l’empathie (ou plutôt son absence) et le détachement qu’éprouvent les personnages - se cantonne à son idée de départ, Possessor est doté d’un concept suffisamment puissant pour offrir une expérience enthousiasmante, qui mériterait d’être vécue en salle. Reste à savoir si la récente réouverture des cinémas nous offrira cette chance.

Andrea Riseborough dans Possessor de Brandon Cronenberg.

@ The Jokers



Article paru le 28 avril 2021 dans le n°855 de Ciné-Feuilles.

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