ONODA, 10 000 NUITS DANS LA JUNGLE
- Marvin Ancian

- 1 déc. 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 janv. 2022

Réalisateur. Arthur Harari
Année de sortie. 2021
Genre. Drame historique
Origine. France
Durée. 167 minutes
Ma note. 16/20
Synopsis : Fin 1944. Le Japon est en train de perdre la guerre. Sur ordre du mystérieux Major Taniguchi, le jeune Hiroo Onoda est envoyé sur une île des Philippines juste avant le débarquement américain. La poignée de soldats qu'il entraîne dans la jungle découvre bientôt la doctrine inconnue qui va les lier à cet homme : la Guerre Secrète. Pour l'Empire, la guerre est sur le point de finir. Pour Onoda, elle s'achèvera 10 000 nuits plus tard. (source : AlloCiné)
Basé sur des faits réels, un film atypique qui narre la vie d’un soldat resté isolé sur une île des Philippines pendant près de trente ans après la Seconde Guerre mondiale. Fascinant et envoutant.
Quand la réalité dépasse la fiction. Cette tournure bien connue sied à merveille au dernier long-métrage d’Arthur Harari inspiré d’une histoire vraie. En 1944, alors que la fin des affrontements approche, le jeune lieutenant Hiroo Onoda est envoyé sur l’île de Lubang aux Philippines après avoir été formé à la guérilla dans une école secrète. Lorsque l’armée américaine débarque, il se replie dans la jungle accompagné d’autres militaires. Ne croyant pas à la reddition du Japon, il prend la tête d’un petit groupe composé du caporal Shimada et des soldats de première classe Akatsu et Kozuka et organise la résistance face à un ennemi qui n’existe plus. Il déposera les armes en 1974.

Le soldat est envoyé sur l'île de Lubang par le major Taniguchi. © Bathysphère
Douceur guerrière
En totale autarcie, les militaires errent au gré des saisons dans la jungle humide et bruyante qui les entoure. Pour survivre, ils n’ont d’autre choix que d’apprendre à cohabiter. Au fur et à mesure, le groupe s’amoindrit, jusqu’à laisser Onoda seul, livré à lui-même. Les années passant, le lieutenant finira par faire définitivement corps avec son environnement en se recouvrant de végétation en guise de tenue de camouflage. Persuadé que les annonces de la capitulation du Japon sont un piège de l’ennemi, il restera fidèle à son engagement jusqu’à ce que, comme promis par son supérieur, « on vienne le chercher » et que son ordre de mission soit annulé.

Vivre ensemble dans la jungle. © Bathysphère
Dans un style sobre et épuré, Arthur Harari propose une immersion totale. Les deux heures quarante-cinq - entièrement justifiées - du long-métrage offrent une expérience durant laquelle le spectateur vit au même rythme que les soldats. Ponctué de scènes brutales, le récit n’en demeure pas moins d’une grande délicatesse. Malgré les dissensions qui apparaissent au sein du groupe, une douceur émane de ces soldats qui s’entraident, se rassurent et survivent ensemble.
À des années-lumière des films de guerre habituels, Onoda, 10 000 nuits dans la jungle aborde la folie des affrontements (et de leur absence) avec une sensibilité rare pour le genre. Très peu distribué en Suisse malgré une presse dithyrambique depuis sa présentation en ouverture d’Un Certain Regard au Festival de Cannes, il s’agit d’une magnifique proposition qu’il serait dommage de rater sur grand écran.

© Bathysphère
Article paru le 1er décembre 2021 dans le n°868 de Ciné-Feuilles.



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