MIDSOMMAR
- Marvin Ancian

- 10 sept. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 janv. 2022

Réalisateur. Ari Aster
Année de sortie. 2019
Genre. Horreur
Origine. États-Unis
Durée. 147 minutes
(171 pour le Director's cut)
Ma note. 18/20
Synopsis : Dani et Christian sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani est touchée par une tragédie. Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival estival qui n’a lieu qu'une fois tous les 90 ans et se déroule dans un village suédois isolé. Mais ce qui commence comme des vacances insouciantes dans un pays où le soleil ne se couche pas va vite prendre une tournure beaucoup plus sinistre et inquiétante. (source : AlloCiné)
Let the festivities begin
Midsommar, sorti en 2019, confirme tout le bien que l'on pensait de son réalisateur, Ari Aster. Dès les premières minutes, et à l’instar d’Hérédité, son premier film, nous sommes pris dans le plus profond de notre être. Sensation éreintante mais ô combien captivante. Après quelques plans fixes splendides, la caméra se met lentement en mouvement. Dani, le personnage principal, tente en vain de joindre sa sœur et d’être rassurée par Christian, son petit ami montrant déjà une empathie feinte. Les plans qui suivent ne se racontent pas, ils se vivent. A peine remis de ce premier choc que nous embarquons déjà pour la Suède et ses journées sans nuit à la rencontre des Harga, un peuple aux coutumes pour le moins déroutantes.

Dani et Christian, une relation déjà bancale. © Gabor Kotschy
Tout comme dans Hérédité, l’intrigue commence par un bouleversement qui n’est que le point de départ de ce que vont subir principales protagonistes : des femmes troublées que le récit va déchirer dans tous les sens. Si la réaction de Dani, dans un premier temps, est beaucoup plus viscérale que celle d’Annie (la mère de famille d’Hérédité), la suite des événements annonce un tournant symbolisé, dans les deux films, par des scènes dantesques. Dans Midsommar, Christian accepte que Dani l’accompagne avec ses amis anthropologues en Suède pour assister à un culte païen célébrant le solstice d’été. Après quelques temps sur place, ils sont spectateurs d’un rituel des plus particuliers. A l’instar de la scène de la voiture d’Hérédité (je n’en dis pas plus, ceux qui l’ont vu savent très bien de quoi il s'agit), la scène est d’une violence inouïe et est, sans aucun doute, l’un des climax du film. Le décor est en place, le point de non-retour est atteint.

Le point de non retour est atteint. © Gabor Kotschy
L'horreur en plein jour
Le premier élément sautant aux yeux dans la réalisation d’Aster est sa mise en scène. Épaulé depuis toujours par Pawel Pogorzelski, son directeur de la photo, le rythme est volontairement lent, la mise en place du récit d’une précision chirurgicale. Si le genre horrifique est bel et bien présent, il se démarque des codes habituels. Oubliez les sursauts ou tout autre jump scare, l’horreur est plus enfouie que cela, elle se cache dans de petites choses dérangeantes qui finissent par nous sauter au visage . Ces éléments font évidemment penser à une référence du genre : Shining. La maison perdue en pleine nature et la famille sombrant petit à petit dans la folie d’Hérédité rappelaient déjà le chef-d’œuvre de Kubrick. Avec Midsommar, Aster pousse le vice jusqu’à réaliser un film d’horreur - à l’exception de l'ouverture - en plein jour.

Les vacances en Suède ne se passent pas comm prévu. © Gabor Kotschy
D'un film à l'autre
Il m’est impossible de dissocier les deux œuvres d’Aster qui tissent continuellement des liens entre elles. Certains plans, une fois mis en parallèle, sont d’ailleurs troublants de ressemblance. Cependant, un élément clé différencie les deux films : leur dénouement. Si les deux finals se font écho via une scène de sacre mystique , ils diffèrent néanmoins dans le sort réservé aux personnages principaux. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, l'ultime plan est fort de sens … encore une fois.
Hérédité vs Midsommar.
Grâce à un deuxième film maitrisé de bout en bout, Ari Aster parvient à mettre un nouveau coup de pied dans la fourmilière grouillante du cinéma d’horreur. Midsommar est une expérience sensorielle qui ne laisse pas indemne … pour notre plus grand plaisir.
Pour ceux qui veulent aller plus loin dans l'analyse, voir ci-dessous la vidéo que j'ai réalisé sur la filmographie d'Ari Aster. Il s'agit du premier épisode d'un concept nommé "Cinéalogie" retraçant des fragments cinématographiques.







L'esthétique de Midsommar transcende largement le simple cadre cinématographique pour puiser dans une symbolique vestimentaire ancestrale complexe où chaque broderie artisanale raconte une histoire oubliée. Pour les passionnés qui souhaitent explorer des tenues raffinées s'inspirant directement de cette élégance intemporelle pour des événements mémorables ou des galas, je vous suggère vivement de découvrir cette sélection. Ce choix n'est absolument pas anodin, car dans les traditions nordiques, le vêtement de fête est un véritable prolongement de l'âme et du lien sacré avec la nature environnante.
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