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LE DIABLE N'EXISTE PAS

Dernière mise à jour : 7 janv. 2022


Affiche de Le Diable n'existe pas de Mohammad Rasoulof.

Réalisateur. Mohammad Rasoulof

Titre original. Sheytan vojud nadarad

Année de sortie. 2020

Genre. Drame

Origine. Iran

Durée. 150 minutes

Ma note. 17/20


Synopsis : Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés. Dans un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes

se battent pour affirmer leur liberté.

(source : AlloCiné)


Le lauréat de l’Ours d’or de la Berlinale 2020 est à l’affiche des salles suisses. Quatre récits, prenant place sous la dictature iranienne, abordent les notions de liberté de conscience et de libre arbitre.


Un couple vit son quotidien. Passer à la banque pour retirer sa paye, aller à l’école récupérer leur fille, faire les courses et le ménage, sauver le chat des voisins, en d’autres termes: la routine. Le rythme se veut volontairement lent, l’action quasi inexistante. Heshmat, le père de famille, est exemplaire. Il s’occupe de sa famille et travaille durement pour subvenir à ses besoins. Debout dès l’aube, il se rend à son travail à contre cœur. La découverte de son occupation symbolise la fin de cette première partie, et une révélation brutale (que nous tairons puisqu’elle est l’essence même du récit). Le ton est donné.


Les deuxième et troisième segments de Le Diable n'existe pas racontent tous deux l’histoire de jeunes officiers ayant reçu pour ordre de «tirer le tabouret». Autrement dit, d’exécuter la sentence finale d’un condamné à mort. Pouya se retrouve face à ce dilemme cornélien et tente d’y échapper. Javad, quant à lui, son «devoir» accompli, profite d’une permanence pour rendre visite à sa petite amie, Nana. Si les deux récits, dans le scénario, se déroulent l’un après l’autre, leurs évolutions peuvent être mises en parallèle. Alors que Pouya semble, en premier lieu, pris au piège, il va parvenir à s’en extirper tout en gardant la tête haute. En revanche, la tête de Javad est déjà baissée lorsqu’il retrouve Nana. Il découvre sa belle-famille endeuillée et réalise qu’il n’est pas étranger à cette tristesse. L’issue n’en sera que plus forte et lourde de sens.

Le Diable n'existe pas / There is no Evil de Mohammad Rasoulof.

Javad se rafraîchit les idées. © Pouyan Behagh / Pyramide Distribution



La dernière partie, narre la venue de Darya, jeune Iranienne qui vit en Allemagne, dans son pays d’origine afin de retrouver son oncle et sa tante. Rapidement, nous comprenons que la visite n’est pas anodine, que des non-dits se terrent et qu’ils ne tarderont pas à faire surface. Si la révélation est prévisible, le lien tissé avec ce qui a déjà été découvert dans les parties précédentes est habile.

Le Diable n'existe pas / There is no Evil de Mohammad Rasoulof.

Révélations à venir. © Pouyan Behagh / Pyramide Distribution



En quatre histoires au premier abord distinctes, Mohammad Rasoulof parvient à proposer une réflexion plurielle sur les notions de libre arbitre et de désobéissance civile. Condamné à de la prison pour son film Un homme intègre, le réalisateur poursuit sa dénonciation du régime iranien - dans lequel la peine de mort est toujours en vigueur - en dépeignant sans équivoque l’Iran actuel. Et par la même occasion, réalise un grand film.



Article paru le 12 mai 2021 dans le n°856 de Ciné-Feuilles.

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