DE SON VIVANT
- Marvin Ancian

- 17 nov. 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 janv. 2022

Réalisatrice. Emmanuelle Bercot
Année de sortie. 2021
Genre. Drame
Origine. France, Belgique
Durée. 92 minutes
Ma note. 11/20
Synopsis : Le déni d’un fils condamné trop jeune par la maladie. La souffrance d'une mère face à l'inacceptable. Au milieu de ce couple, un médecin et sa collègue luttent pour faire leur travail et un peu plus que ça… (source : AlloCiné)
Le nouveau film d’Emmanuelle Bercot est un mélodrame proprement réalisé, mais peinant à convaincre par son manque d’originalité et sa trame simpliste.
Il y a quelques semaines, nous vous parlions du long métrage Un endroit comme un autre d’Uberto Pasolini. Une histoire hautement dramatique qui parvenait à traiter son sujet de manière singulière sans tomber dans le pathos. De son vivant aborde lui aussi l’inéluctabilité de la mort face à la maladie, l’originalité en moins, les violons en plus.
Benjamin (Benoît Magimel) est atteint d’un cancer du pancréas, maladie d’une virulence telle qu’il sait ses jours comptés. Sa mère, Crystal (Catherine Deneuve), tente de soutenir son fils comme elle peut. Ensemble, ils vont rencontrer le docteur Sara - un cancérologue d’une franchise à toute épreuve - et son assistante Eugénie (Cécile de France) qui vont les accompagner dans ces moments difficiles. Découpé en suivant les quatre saisons de l’année (sans raison explicite, si ce n’est pour notifier la rapidité de la progression de la maladie), le film alterne, dans un premier temps, entre le théâtre, où Benjamin donne des cours, et l’hôpital. Un premier lieu où, en demandant à ses élèves d’envisager la perte d’un proche, Benjamin semble se figurer sa mort dans le second.

Quand la tragédie de la vie rattrape celle du théâtre. © Frenetic Films
Morne hiver
Survient l’hiver et, avec lui, l’hospitalisation intensive de Benjamin. Cette saison est accompagnée de l’arrivée d’un nouveau personnage: Léandre, le fils de Benjamin. Vivant en Australie et n’ayant jamais connu son père, il décide de faire le voyage pour le voir. Cet apport, tentant d’insuffler un regain d’énergie au récit, tombe malheureusement comme un cheveu sur la soupe et ne parvient pas à offrir l’émotion escomptée. La raison principale: l’origine de l’absence de relation entre le père et le fils n’est pas définie et laisse le spectateur dans le vague, l’empêchant ainsi de développer une quelconque empathie. Ce sentiment aurait pu naître des quelques histoires secondaires disséminées çà et là (Léandre qui donne son sang à son père, les amourettes que vit Benjamin), mais, une fois encore, leur traitement superficiel les rend anecdotiques.

Crystal et Benjamin. © Frenetic Films
Si aucun acharnement thérapeutique n’est souhaité par Benjamin, la fin du récit s’éternise tout de même. Notons néanmoins, lors de cet épilogue, un joli plan-séquence - faisant écho à l’ouverture du long métrage - et une mélodie de guitare dont l’interruption est forte de sens. Petites idées qui ne suffisent pas à faire un grand film.
Article paru le 17 novembre 2021 dans le n°867 de Ciné-Feuilles.



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