ATLAS
- Marvin Ancian

- 5 oct. 2021
- 3 min de lecture

Réalisateur. Niccolò Castelli
Année de sortie. 2021
Genre. Drame
Origine. Suisse, Belgique, Italie
Durée. 90 minutes
Ma note. 14/20
Synopsis : Passionnée d’escalade, Allegra survit à un attentat terroriste qui coûte la vie à trois de ses amis. Anéantie, rongée par la culpabilité et la haine, elle n’est plus elle-même. Ses proches sont démunis face à sa souffrance. Pour retrouver confiance et amour elle doit entreprendre un parcours escarpé et se remettre en question. Elle croise Arad, un jeune réfugié du Moyen-Orient, ce qui la mène à une rencontre-affrontement avec l’Autre. (source : AlloCiné)
Film d’ouverture aux dernières Journées de Soleure, Atlas retrace le traumatisme et la reconstruction d’Allegra (Matilda De Angelis), une jeune femme passionnée d’escalade. À travers ce drame, Niccolò Castelli aborde différentes thématiques, de manière plus ou moins habile.
Le long métrage s’ouvre sur Allegra et trois de ses amis, en pleine ascension au cœur des Alpes. La jeune femme monte en tête alors que ses camarades de cordée - dont Benni, son petit ami - peinent à la suivre. Au sommet, c’est l’allégresse et l’occasion d’une photo souvenir. Changement de décor, Allegra a repris sa routine en tant que contrôleuse de train. Avec ces deux séquences, le film expose efficacement qui elle était. Le passé est de mise, car une fois l’écran titre estompé, c’est une tout autre personne qui se dévoile.

Au sommet. © Outside the Box
Des bas...
Minerve autour du cou, peinant à se mouvoir, Allegra a subi un traumatisme. À travers des flash-back, on comprend que son voyage au Maroc - dans le but de gravir l’Atlas, toujours avec ses trois amis - ne s’est pas passé comme prévu. Et pour cause, elle est la seule à en être revenue. Si le rythme du récit est fluide, sa construction est parfois malhabile. Certaines séquences auraient aussi pu s’attarder sur les moments-clés du traumatisme de la jeune femme. Tout comme elles auraient gagné à donner plus de place aux splendides paysages tessinois, pour mieux imprégner le spectateur de l’univers du film. Au lieu de cela, elles s’enchaînent à toute allure, passant sans cesse d’une époque à l’autre et accumulant les ellipses.
Lors de son rétablissement, Allegra rencontre Arad, un jeune réfugié. La relation qu’ils tissent ranime les peurs et les doutes de la jeune femme - en particulier à cause d’un oud, instrument de musique directement lié à ses souffrances. Malheureusement encore, la façon dont le film traite Arad - et indirectement le peuple marocain - est souvent caricaturale; les quelques lignes de dialogue frisant l’amalgame resteront toutefois rares.

Allegra et Arad. © Outside the Box
... et des hauts
Au-delà de ces aspects, Atlas parvient néanmoins à livrer sa pleine puissance en dévoilant les mécanismes de reconstruction d’Allegra. Au moment d’éprouver un fort sentiment de culpabilité, sa souffrance est par exemple très bien amenée. Et ses cicatrices deviennent le reflet de blessures beaucoup plus profondes. Pour guérir et retrouver cette joie de vivre promise par son prénom, Allegra devra gravir de nouvelles montagnes. Et ainsi surmonter ses peurs, tout en réapprenant à faire confiance aux autres.

Gravir pour se reconstruire. © Outside the Box
Malgré ses défauts, Atlas est un joli film sur la résilience. Relatons encore cette très belle idée sous forme d’anecdote, citée par notre protagoniste. À proximité de chez elle existent trois torrents ayant la même source, mais finissant leur chemin dans différentes mers aux quatre coins de l’Europe: une parfaite métaphore de la pluralité des parcours - jamais tracés et sujets aux obstacles - qui s’offre à l’être humain.
Article paru le 6 octobre 2021 dans le n°864 de Ciné-Feuilles.



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