top of page

ZAHORÍ


Affiche de Zahorí de Marí Alessandrini.

Réalisatrice. Marí Alessandrini

Année de sortie. 2021

Genre. Drame

Origine. Suisse, Argentine, Chili, France

Durée. 105 minutes

Ma note. 16/20


Synopsis : La steppe de Patagonie est balayée par un vent gris... Mora (13 ans) veut devenir "gaucho". Elle se rebelle contre l'école et s'affirme auprès de ses parents, des écologistes suisses italiens, dont le rêve d'autonomie se transforme en cauchemar. Mora va s'enfoncer dans les méandres de la steppe pour aider son seul ami Nazareno, un vieux gaucho Mapuche qui a perdu son cheval, Zahorí. (source : AlloCiné)







Des espaces désertiques, une jument échappée et une jeune fille qui s’émancipe. Le premier film de Marí Alessandrini est une ode à la liberté sous forme de parcours initiatique empreint de poésie.


Mora (Lara Tortosa) a 13 ans et vit dans la steppe argentine avec ses parents, un couple d’idéalistes suisses italiens, et son frère Himeko (Cirilo Wesley). Élève rebelle en soif de liberté, elle rêve de devenir «gaucha» plutôt que de s’ennuyer en cours. Nazareno (Santos Curapil), un vieil indien mapuche à la vue trouble, possède une jument dénommée Zahorí. Une nuit d’orage, l’animal s’échappe.


Malgré les apparences, les deux individus se ressemblent: ils sont des marginaux à un tournant de leur existence. L’adolescence pour Mora, la fin de vie pour Nazareno. Dans un environnement où la communication est compliquée (la radio est la seule source d’information et il faut littéralement gravir des montagnes pour utiliser un téléphone), ils parviennent à se comprendre en peu de mots. Lorsque Zahorí s’enfuit, ils se lancent à sa recherche. Une quête ultime pour Nazareno, initiatique pour Mora.

Mora, Zahorí et Nazareno. © Adok Films




Steppe by steppe


L’un des objets de fascination du long métrage de Marí Alessandrini est sa puissance visuelle. Les paysages de Patagonie (filmés en scope) sont grandioses et la steppe joue un rôle prépondérant. Elle représente la terre natale de Nazareno en même temps que celle où les parents de Mora tentent désespérément de faire pousser des légumes. Elle est également le sol que foulent des heures durant deux missionnaires évangélistes qui viennent apporter la «bonne parole» aux habitants, et un certain décalage au film. Mais surtout, elle est l’environnement dans lequel évolue Mora pour se rendre à l’école avec son frère ou partir à la recherche de Zahorí qui galope librement, elle aussi, dans ces mêmes plaines. Dans cette immensité mystique, le long métrage tend par instants vers le fantastique, notamment à travers les rêves de Nazareno. Ces séquences offrent au film une facette onirique et des plans somptueux.

Beauté du cadre. © Adok Films



Alors que Clint Eastwood patauge dans des codes dépassés du western avec Cry Macho, Zahorí apporte un vent de fraîcheur revigorant en actualisant le genre. Après deux courts métrages tournés en Patagonie, Marí Alessandrini s’approprie à nouveau cette terre où elle a grandi et signe une œuvre emplie de douceur. Et ça fait du bien.

Zahorí de Marí Alessandrini.

© Adok Films



Article paru le 1er décembre 2021 dans le n°868 de Ciné-Feuilles.

Posts récents

Voir tout

Commentaires


© Marvin Ancian 2020-2023. All rights reserved

|

Lausanne, Suisse ancian.m(at)gmail.com

bottom of page