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WICKED : PARTIE UNE


Affiche de Wicked de Jon M. Chu.

Réalisatrice. Jon M. Chu

Année de sortie. 2024

Genre. Comédie musicale

Origine. États-Unis

Durée. 110 minutes

Ma note. 10/20


Synopsis : Wicked : Partie une suit le parcours des sorcières légendaires du monde d’Oz. Elphaba, une jeune femme incomprise à cause de la couleur inhabituelle de sa peau verte ne soupçonne même pas l’étendue de ses pouvoirs. À ses côtés, Glinda qui, aussi populaire que privilégiée, ne connaît pas encore la vraie nature de son cœur. Leur rencontre à l'Université de Shiz, dans le fantastique monde d'Oz, marque le début d’une amitié improbable mais profonde. Cependant, leur rapport avec Le Magicien d'Oz va mettre à mal cette amitié et voir leurs chemins s’éloigner. Tandis que Glinda, assoiffée de popularité, se laisse séduire par le pouvoir, la détermination d'Elphaba à rester fidèle à elle-même et à son entourage aura des conséquences aussi malheureuses qu’inattendues. Leurs aventures extraordinaires au pays d’Oz les mèneront finalement à accomplir leur destinée en devenant respectivement la Bonne et la Méchante Sorcière de l'Ouest. (source : AlloCiné)



Adaptation de la comédie musicale éponyme lancée à Broadway en 2003, elle-même basée sur le roman de Gregory Maguire Wicked : La Véritable Histoire de la méchante sorcière de l’Ouest, Wicked : Partie Une est, comme son nom l’indique, le premier volet d’un diptyque réalisé par Jon M. Chu.


Dans le pays d’Oz, bien avant l’arrivée de Dorothy Gale (héroïne du film culte de 1939 Le Magicien d’Oz, lui aussi issu d’un roman), Elphaba (Cynthia Erivo) accompagne Nessarose (Marissa Bode) sa petite sœur en fauteuil roulant à l’université de magie de Shiz. L’ainée, qui a hérité d’une teinte de peau verte à la naissance et est victime, pour cette raison, de tous les quolibets dès son plus jeune âge, deviendra la méchante sorcière de l’ouest. Pas de spoiler ici puisque cette information est annoncée dès les premières séquences du métrage qui sera articulé en un long flashback. À Shiz, Elphaba rencontre Glinda (Ariana Grande-Butera), fille modèle drapée de rose, autant insupportable qu’opportuniste, et future bonne sorcière du nord.

Wicked de Jon M. Chu.

Elphaba et sa soeur Nessarose. © Universal Pictures




Au défi de toute gravité


Avec son entame digne d’un Harry Potter à l’école des sorciers pop, Wicked est dans un premier temps étonnamment plaisant. Malgré des effets numériques parfois indigents, l’univers parvient à se déployer progressivement (que l’on soit familier ou non avec l’œuvre initiale) et les chansons, accompagnées de leurs chorégraphies, donnent le tempo. Mais hélas, plutôt que d’exploiter ses enjeux les plus intéressants (les origines de la méchanceté à venir d’Elphaba, les animaux parlants du pays qui se retrouvent ostracisés), la narration préfère se concentrer sur les bisbilles entre les élèves de l’université. Pendant 2h40 (c’est long !), le film va essentiellement tracer le parcours des deux héroïnes et de leur rivalité qui se transformera en amitié. Il oubliera alors de renouveler son intrigue pour finir par tourner en rond. L’arrivée du prince Fiyero (Jonathan Bailey), insipide, ne fera qu’empirer la situation.


Il faudra attendre le voyage dans la fameuse Cité d’Émeraude pour que le long-métrage, comme dans un second souffle, reprenne une certaine ampleur. La rencontre avec le magicien d’Oz (incarné par Jeff Goldblum) redonne de l’allant au film, avant qu’il se termine sur la chanson phare Defying Gravity qui restera assurément dans la tête du public encore quelques heures après la fin de la projection. Dès lors, le réalisateur de l’insipide Crazy Rich Asian et de l’énervant In the Heights (D’où l’on vient en français dans le texte) ne réussit que partiellement son pari. Quoi qu’il en soit, les féru.e.s du genre et du matériau de base devraient être ravi.e.s. Pour les autres, l’expérience risque d’être longue et bien souvent difficile.

Wicked de Jon M. Chu.

Fond (de teint) vert et bonbon (acide) rose. © Universal Pictures



Article paru le 13 novembre 2024 dans le n°933 de Ciné-Feuilles.

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