PLACÉS
- Marvin Ancian

- 12 janv. 2022
- 2 min de lecture

Réalisateur. Nessim Chikhaoui
Année de sortie. 2021
Genre. Comédie dramatique
Origine. France
Durée. 111 minutes
Ma note. 12/20
Synopsis : Parce qu’il a oublié sa carte d’identité, Elias ne peut passer les épreuves du concours d’entrée à Sciences Po. À la recherche d’un job en attendant de pouvoir se présenter à nouveau, il devient éducateur dans une Maison d’Enfants à Caractère Social.
(source : AlloCiné)
Sur le papier, la première réalisation du coscénariste des films Les Tuche n’est pas une proposition particulièrement emballante. Pourtant, à l’écran, sans être révolutionnaire, le résultat est plutôt une bonne surprise.
Elias (Shaïn Boumedine, remarqué dans Mektoub, My Love d’Abdellatif Kechiche) décide de passer le concours pour entrer à Sciences Po afin de prouver qu’il est possible de réussir en venant de la banlieue. Le jour de l’examen, il est recalé pour avoir oublié sa carte d’identité et doit attendre un an pour se présenter à nouveau. Il décide alors de rejoindre Adama, un ami éducateur, dans une Maison d’enfants à caractère social (MECS). Un milieu qui lui est totalement inconnu.

Des personnages hauts en couleur. © Gaël Rapon
Tout un monde
Le long métrage nous plonge, en même temps que son personnage principal, dans le quotidien d’un foyer pour jeunes avec des problèmes (et non à problèmes, comme le film aime à le rappeler). Tout aussi étranger que le spectateur à ce nouvel environnement, Elias le découvre. Le lieu tout d’abord, une bâtisse chaleureuse et conviviale, aux antipodes des idées préconçues. Les enfants ensuite, aux parcours éclectiques mais toujours difficiles. Ses collègues, enfin, non moins hauts en couleur. La pluralité de ces personnages est une des limites de l’œuvre. En regroupant dix ans de souvenirs et d’expériences - durant lesquels il a lui-même été éducateur -, Nessim Chikhaoui surcharge son récit. Habilement, il parvient tout de même à caractériser suffisamment chaque personnalité pour susciter l’empathie nécessaire.
En ce qui concerne le scénario, sans surprise, ce n’est pas l’inventivité qui en fait le charme. Le film suit un schéma classique fait de hauts (dont des moments de franche rigolade avec les jeunes) et de bas (lorsque la dure réalité refait surface), jusqu’à atteindre un happy end trivial. Ainsi, le long métrage oscille entre humour et drame, tout en usant de ressorts scénaristiques prévisibles. L’histoire d’amour que tisse Elias avec Mathilde (Naïlia Harzoune) en est l’exemple parfait.

Une histoire d'amour des plus prévisibles. © Michaël Cotto
Si Placés manque cruellement d’originalité (le réalisateur revendique d’ailleurs un croisement entre Polisse et Nos jours heureux), il a le mérite de traiter son sujet de manière sincère et touchante. Et d’offrir un film plaisant et authentique.
Article paru le 12 janvier 2022 dans le n°870 de Ciné-Feuilles.



Commentaires