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LINGUI, LES LIENS SACRÉS


Affiche de Lingui, les liens sacrés de Mahamat-Saleh Haroun.

Réalisateur. Mahamat-Saleh Haroun

Année de sortie. 2021

Genre. Drame

Origine. Tchad

Durée. 87 minutes

Ma note. 11/20


Synopsis : Dans les faubourgs de N’djaména au Tchad, Amina vit seule avec Maria, sa fille unique de quinze ans. Son monde déjà fragile s’écroule le jour où elle découvre que sa fille est enceinte. Cette grossesse, l'adolescente n’en veut pas. Dans un pays où l'avortement est non seulement condamné par la religion, mais aussi par la loi, Amina se retrouve face à un combat qui semble perdu d’avance… (source : AlloCiné)






Une mère et sa fille se battent pour leurs libertés en tant que femmes au Tchad. Un sujet honorable pour un film décevant.


À N’Djamena, au Tchad, Amina (Achouack Abakar) est une mère célibataire. Pour vivre, elle vend des fourneaux (dénommés kanoun) qu’elle fabrique à partir d’armatures récupérées dans de vieux pneus de camions. Un jour, en rentrant chez elle, Amina retrouve sa fille Maria (Rihane Khalil Alio) qui est d’humeur exécrable. En menant sa petite enquête, elle découvre que l’adolescente de quinze ans s’est fait renvoyer de son école afin de ne pas entacher la réputation de l’établissement. La raison ? Maria est enceinte.


Si la première réaction d’Amina à cette nouvelle est la colère, elle comprend la détresse de sa progéniture et fait tout pour la soutenir. Ayant été abandonnée par le père de Maria et rejetée par sa propre famille, Amina s’identifie et fait tout pour éviter à son enfant le même destin. Dès lors, les deux femmes vont se battre pour réaliser un périlleux avortement. Alors que la pratique est interdite, elles sont confrontées aux multiples oppositions de la société tchadienne, mais également aidées par de nombreuses voisines et amies.

Rihane Khalil Alio dans Lingui, les liens sacrés de Mahamat-Saleh Haroun.

Maria, entre défiance et confiance. © Trigon Films




Le silence, et dors


Lingui, les liens sacrés tente tant bien que mal de raconter le parcours semé d’embuches que doivent traverser mère et fille. Malheureusement, le film, en voulant aborder trop de sujets, s’égare en chemin. Entre la grossesse de Maria, les relations d’Amina avec sa famille ou encore l’omniprésence de la religion, il s’éparpille. Si les liens entre les femmes du village sont sacrés, ceux entre les différentes séquences sont opaques, voire inexistants. En outre, les moments clés de l’intrigue sont résolus de manière simpliste et certaines révélations (notamment la finale révélant le père de l’enfant que porte Maria) sont expédiées trop rapidement pour avoir l’effet escompté.


Enfin, l’interprétation approximative des actrices sonne souvent faux et distance encore plus le spectateur du récit. Reste alors quelques scènes silencieuses dotées d’une jolie photographie, ce qui n’est amplement pas suffisant pour faire de Lingui, les liens sacrés un film réussi. Qui plus est lorsque le même mois est à l’affiche L’Événement d’Audrey Diwan qui, dans le même registre mais avec un contexte différent et une approche beaucoup plus frontale, est une alternative éminemment plus réussie.

Achouack Abakar dans Lingui, les liens sacrés de Mahamat-Saleh Haroun.

© Trigon Films



Article paru le 1er décembre 2021 dans le n°868 de Ciné-Feuilles.

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