LES NOUVELLES ÈVES
- Marvin Ancian

- 1 déc. 2021
- 2 min de lecture

Réalisatrices.
Année de sortie. 2021
Genre. Documentaire
Origine. Suisse
Durée. 83 minutes
Ma note. 12/20
Synopsis : Valeria, Naima, Sophie, Sela, Delphine, Cosima : de l’écolière à la jeune retraitée, de la Romandie à la Suisse alémanique, en passant par le Tessin, le film suit les efforts invisibles du quotidien de ces 6 femmes. Payée au lance-pierre, avec des horaires irréguliers, Naima n’aspire qu’à se former pour évoluer. Enseignante à l’Université de Lausanne, Sophie jongle entre « 150 emails, 100 WhatsApp et 25 appels » chaque jour et sa vie de famille. Sela, chanteuse d’opéra, se sent à l’étroit dans les cases rigides que ses rôles lui assignent. L’écolière Cosima, déjà consciente des stéréotypes genrés, les combat à sa façon. (source : Cineman)
Ce documentaire, ayant comme point de départ la grande grève des femmes du 14 juin 2019, est hélas trop décousu pour faire résonner, aussi fort qu’il le devrait, le message qu’il désire transmettre.
Les Nouvelles Èves a été pensé par un collectif de six réalisatrices. Chacune est allée à la rencontre d’une femme vivant en Suisse pour la suivre dans son quotidien. Ainsi, Sela est chanteuse d’opéra. Naima travaille dans une cafétéria mais rêve de devenir infirmière. Valeria, récemment retraitée, tente de joindre les deux bouts avec sa maigre rente. Sophie est enseignante et mère de trois enfants. Delphine étudie la photographie et se pose des questions relatives à son âge. Enfin, Cosima est une jeune écolière.
Valeria et Delphine. © First Hand Films
Héroïnes du quotidien
Si la démarche est de prime abord originale et enthousiasmante, elle est le principal défaut du film. En effet, à trop multiplier les points de vue, le documentaire perd en cohérence, et par la même occasion, en intensité. Chaque segment ayant une auteure différente, le résultat tend plus vers le patchwork que vers l’œuvre homogène. Les thématiques abordées - aussi diverses que la précarité, l’immigration ou la découverte de la sexualité - sont traitées trop superficiellement et génèrent moins une réflexion approfondie qu’une frustration de ne pas en savoir plus sur ces héroïnes du quotidien. En bref, on reste sur notre faim.
Réalisé dans le style du «cinéma direct», le documentaire filme ses protagonistes sans artifices (il n’y a pas d’entretiens ou de voix off) et offre un regard sans jugement. Cependant, il ne parvient pas à tenir son procédé jusqu’au bout puisque certaines intervenantes s’expriment face caméra, rompant ainsi le dispositif et le naturel qui va avec.
En accordant plus de temps aux différentes femmes, Les Nouvelles Èves aurait pu gagner en homogénéité et en profondeur. Il n’en reste pas moins un documentaire à la démarche essentielle qui présente de jolies tranches de vie. C’est déjà ça de pris.
Article paru le 1er décembre 2021 dans le n°868 de Ciné-Feuilles.







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