LE PETIT NICOLAS - QU'EST-CE QU'ON ATTEND POUR ÊTRE HEUREUX ?
- Marvin Ancian

- 4 oct. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 déc. 2022

Réalisateurs.
Amandine Fredon, Benjamin Massoubre
Année de sortie. 2022
Genre. Comédie, Animation
Origine. France, Luxembourg
Durée. 82 minutes
Ma note. 15/20
Synopsis : Penchés sur une large feuille blanche quelque part entre Montmartre et Saint-Germain-des-Prés, Jean-Jacques Sempé et René Goscinny donnent vie à un petit garçon rieur et malicieux, le Petit Nicolas. Entre camaraderie, disputes, bagarres, jeux, bêtises, et punitions à la pelle, Nicolas vit une enfance faite de joies et d’apprentissages. Au fil du récit, le garçon se glisse dans l’atelier de ses créateurs, et les interpelle avec drôlerie. Sempé et Goscinny lui raconteront leur rencontre, leur amitié, mais aussi leurs parcours, leurs secrets et leur enfance. (source : Allociné)
Après trois adaptations en prises de vue réelles, Le Petit Nicolas fait une nouvelle apparition sur nos écrans, cette fois-ci en animation.
Qu’on ait grandi avec ou qu’on le connaisse uniquement de nom, le Petit Nicolas fait partie des personnages de bande dessinée incontournables. Né, au milieu des années 50, de la collaboration entre le scénariste René Goscinny et le dessinateur Jean-Jacques Sempé, les aventures de l’enfant malicieux ont égayé les pages de différents journaux (Sud-Ouest Dimanche, Pilote) pendant sept ans et plus de deux cents histoires.

Le Petit Nicolas prend vie sur les planches de Sempé. © Onyx Films
Qu'est-ce qu'on attend pour faire la fête ?
Le long-métrage, réalisé par Amandine Fredon et Benjamin Massoubre, marque d’abord par la beauté de ses dessins. Tout en finesse et dans un style épuré, le travail est soigné jusqu’aux transitions qui font basculer le récit entre les univers du petit garçon et celui de ses créateurs. Présenté comme histoire de l’origine du personnage, le film débute lors de la conception de ce dernier. Nous assistons à la naissance de Nicolas, des premiers coups de crayon de Sempé (Laurent Lafitte) aux mots de Goscinny (Alain Chabat), en passant par l’origine de son patronyme (une publicité d’un célèbre caviste sur un véhicule passant à proximité de la terrasse où se retrouvaient les deux amis) ou sa situation sociale (ses parents, ses amis, son école). Une fois le personnage créé, le récit alterne entre le quotidien des auteurs dans le Paris des années 60, leur enfance questionnée par le petit garçon et les aventures de ce dernier.
Une histoire d'amitiés. © Onyx Films
L’interpénétration de ces mondes, sous une forme méta réussie (Goscinny et Sempé discutent avec le personnage qui leur apparaît, la télévision du salon de la famille du Petit Nicolas diffuse des informations à propos de ses créateurs), permet de tisser le lien entre le vécu des auteurs et les histoires du gamin. Ainsi, lors de flashbacks nous plongeant dans leur jeunesse, nous comprenons la manière dont Sempé vit, par procuration, l’enfance qu’il n’a pas eue ou comment les années de Goscinny entre l’Argentine et New York donnent ses envies d’aventures au petit garçon. Ce serait d’ailleurs l’un des reproches que l’on pourrait faire au métrage : vouloir trop en faire, trop en dire, s’éparpillant entre ces différentes temporalités sans les explorer pleinement.
Au-delà de la légèreté propre au Petit Nicolas, le film se teinte occasionnellement de noirceur. Il aborde l’arrivée des nazis en Europe vécue à distance par Goscinny ou encore la relation de Sempé avec son père alcoolique. Mais surtout, il évoque la mort de Goscinny et la tristesse de Sempé qui s’ensuit, ne sachant que faire du personnage qu’il a créé et qui vient de perdre l’un de ses papas. Quelques mois après le décès de Sempé, Le Petit Nicolas : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? résonne donc étrangement, mais confirme que le petit garçon, lui, est immortel.

© Onyx Films
Article paru le 5 octobre 2022 dans le n°886 de Ciné-Feuilles.







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