JANE AUSTEN A GÂCHÉ MA VIE
- Marvin Ancian

- 13 févr. 2025
- 2 min de lecture

Réalisatrice. Laura Piani
Année de sortie. 2024
Genre. Comédie dramatique
Origine. France
Durée. 94 minutes
Ma note. 11/20
Synopsis : Agathe a autant de charme que de contradictions. Elle est célibataire mais rêve d’une histoire d’amour digne des romans de Jane Austen. Elle est libraire mais rêve d’être écrivain. Elle a une imagination débordante mais une sexualité inexistante. La vie n’est jamais à la hauteur de ce que lui a promis la littérature. Invitée en résidence d’auteurs en Angleterre, Agathe devra affronter ses peurs et ses doutes pour enfin réaliser son rêve d’écriture… et tomber amoureuse. (source : AlloCiné)
Laura Piani s’inspire de son vécu pour signer un premier film bon enfant et plaisant. Une comédie dramatique touchante et sincère, mais trop légère pour convaincre.
Agathe (Camille Rutherford), employée d’une librairie anglophone à Paris (dans laquelle la cinéaste a réellement travaillé), rêve sa vie à travers les récits qu’elle conseille à ses clients. Et en particulier ceux de Jane Austen. Passant « consciencieusement à côté de son existence », Agathe se compare à la protagoniste de l’œuvre de la romancière britannique Persuasion : « une vieille fille fanée qui n’aurait pas reçu assez d’eau ». Célibataire à la sexualité inexistante, elle vit ses histoires par procuration et ne veut pas céder au « sexe ubérisé » des applications de rencontres. Alors qu’elle rêve d’écrire ses propres romans, c’est l’apparition d’un homme au fond d’un verre de saké (offrant une scène référence à In the Mood for Love de Wong Kar-wai) qui lui donne l’élan de rédiger ses premières pages en anglais. Des pages qui — grâce à Félix (Pablo Pauly), son collègue et ami avec qui elle entretient une relation ambiguë — lui permettent de rejoindre une résidence d’écriture outre-Manche. Sur place, elle sera confrontée autant à la page planche qu’à la sensation d’être une imposture. Mais elle y rencontrera Oliver (Charlie Anson), un lointain descendant de son autrice préférée à l’antipathie charmante.

Agathe en pleine relation amoureuse. © Les Films du Veyrier & Sciapode
S’il est réussi quand il évoque le rapport d’Agathe à sa vie, et donc à la littérature, le long-métrage l’est beaucoup moins dans son aspect comédie romantique. Dans sa facette humoristique, tout d’abord. Les blagues qui égrènent le récit sont pour la plupart déjà vues et prévisibles, voire forcées, et surviennent via des ressorts narratifs épais. Du côté de la romance, si l’on sent les velléités de dépeindre une femme en dehors des carcans, le métrage ne cesse de représenter la relation amoureuse comme un but en soi. Une liste de cases à cocher que l’histoire suit scrupuleusement jusqu’à son final couru d’avance. Un constat d’autant plus dommageable pour un film qui se revendique de Jane Austen, romancière qui a détruit les impératifs sociaux, et en particulier ceux relatifs à la condition féminine.

Félix et Agathe, à l’abri de leur amitié ambiguë. © Les Films du Veyrier & Sciapode
Article paru le 13 février 2025 dans le n°937 de Ciné-Feuilles.



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