HÔTEL SILENCE
- Marvin Ancian

- 10 avr. 2025
- 2 min de lecture

Réalisatrice. Léa Pool
Année de sortie. 2023
Genre. Drame
Origine. Canada, Suisse
Durée. 100 minutes
Ma note. 12/20
Synopsis : Jean décide de partir en voyage dans un pays détruit par la guerre. Son mal de vivre lui semble vite dérisoire face au sort de ceux qui l’accueillent en s’accrochant au moindre espoir de reconstruction. Il redécouvre alors un sens à son existence. Une histoire profonde, empreinte de lumière, d'un homme en quête de réparation.
(source : AlloCiné)
En adaptant le roman Ör de l’autrice islandaise Auður Ava Ólafsdóttir, Léa Pool s’empare du récit d’un homme qui tente de se reconstruire dans un pays ravagé par la guerre. La cinéaste suisse installée au Québec signe un film touchant et sincère, mais qui manque d’ampleur.
Jean (Sébastien Ricard), quinquagénaire canadien, n’a plus le goût à rien. Depuis son divorce, et malgré la présence de sa mère, de sa fille et de ses amis de chorales, il envisage sérieusement d’en finir. Pour mettre fin à ce mal de vivre, il part dans un pays en guerre où un cessez-le-feu vient d’être annoncé. Sur place, il rencontre Ana (Lorena Handschin), mère d’un jeune garçon que l’expérience a rendu mutique, et Zoran (Jules Porier), les tenanciers de l’Hôtel Silence, qui se reconstruisent après le conflit. Et lui offriront un regain d’espoir.

Des instants anodins, mais salvateurs. © Filmcoopi
Dans quel état j'erre ?
En islandais, Ör signifie « cicatrices ». Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Celles de Jean tout d’abord. Jamais complètement explicitées, mais apparentes. Celles d’un pays qui tente de se relever ensuite. En situant son récit dans une nation d’Europe anonyme et en la peuplant de personnes parlant un français aux accents multiples, Léa Pool, fidèle au livre, n’associe pas son histoire aux faits d’actualité. Mais les convoque tous. Dans ce lieu où tout un pan de la population a disparu, Jean erre. Avant de trouver peu à peu sa place. Au milieu des mines et des décombres, le bricoleur dans l’âme participe à la reconstruction du pays autant qu’à la sienne. Alors qu’il s’affaire à fabriquer une porte pour le restaurant voisin, à réparer la plomberie de l’hôtel ou à restaurer le cinéma présent dans ce dernier, son envie de suicide le quitte.
Si le fond d’Hôtel Silence est plein de bonnes intentions, il peine cependant à totalement convaincre sur la forme. Malgré des interprétations justes, les dialogues s’avèrent parfois pesants, voire trop explicites. À l’image de cette voix off qui verbalise la pensée de Jean et met des mots sur ses états d’âme. Mais même si les ficelles sont un peu grosses et que le pathos guette, c’est bien l’émotion qui l’emporte au final et qui fait du long-métrage un joli film sur la résilience.

© Filmcoopi
Article paru le 10 avril 2025 dans le n°939 de Ciné-Feuilles.



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